Michelin et la conception du pneu vert

Depuis la fin du siècle dernier, les sensibilisations du consommateur vont dans le sens d’un encouragement de la préservation de l’environnement. On cautionne des comportements responsables, comme l’économie des matières et le recyclage. Et les gestes de la part du producteur ? Chez Michelin, cela se traduit par la recherche, puis la mise sur le marché d’un pneu plus écologique. Concrètement, aujourd’hui, cela donne quelque chose de plus économique, à moitié recyclable, mais tout à fait réutilisable par une mise en valeur dans un autre domaine. Cependant, le calendrier de la marque annonce d’ici trois décennies un pneu qui est cent pour cent recyclable. Les promesses sont presque utopiques et diverses, et ce n’est pas le seul fabricant à le faire, mais on entrevoit déjà des possibilités très séduisantes tirées d’autres technologies, comme l’imprimante 3D. Voyons les recherches de Michelin de plus près.

Les réalisations responsables de Michelin sur le marché

Une prise de conscience dès les années 90

Dans la nature, les dégâts causés par l’homme se sont accélérés de manière exponentielle depuis environ un siècle. On se rapproche inexorablement d’un point de non-retour. L’espoir d’une prise de conscience naît il y a à peu près une trentaine d’années. On s’aperçoit que l’on se dirige vers notre propre perte si on ne change pas les choses. Michelin suit le pas et lance son pneu à faible résistance de roulement. Le premier pas vers la recherche d’un pneu vert, un pneu responsable.

Les contraintes du marché actuel

Sur le marché actuel, de nombreuses entreprises offrent des produits de plus en plus écologiques. L’automobile fait partie de ces super pollueurs décriés par les médias. Non seulement à cause des matières premières transformées, mais aussi par les déchets qui en découlent. Aussi bien dans la production que dans l’utilisation. Pour les pneus en particulier, il y a des dizaines de matières premières qui entrent en jeu. Par exemple, Michelin utilise l’hévéa comme source de caoutchouc. C’est un bois exotique qu’il faut planter de manière responsable, afin que la ressource ne s’épuise pas ou entrave son environnement immédiat.

La promesse de l’économie de carburant

Michelin et les autres fabricants de pneus ont de toute évidence misé sur leur impact sur les performances de la voiture en termes d’empreinte écologique. La recherche se tourne donc vers l’efficacité du Grip pour avoir une traction suffisante. Le type de rayures sur la gomme et la consistance de celle-ci est au centre de la recherche, car cela participe à la consommation de carburant. Un litre d’économisé à chaque centaine de kilomètres, quand on sait que certains professionnels peuvent en parcourir 150 000 par an, c’est une épargne de 1 500 litres par an. Des pneus Michelin de bonne qualité c’est une garantie d’économie. Bien entendu, cela implique qu’il faut aussi respecter les consignes de pression des pneus pour tirer un maximum d’efficacité et une durée de vie optimisée.

Les recherches en cours et ce qui est déjà possible

Nécessité du recyclage

Il faut savoir qu’il faut plus de 70 kilos de matières premières brutes pour faire un pneu. Pour les 4 pneus d’un véhicule (pour les poids lourds, c’est plus), cela fait 280 kilos. Si les experts estiment qu’il y aura en 2030 il y aura 1.6 milliard de voitures dans le monde, il faudra 448 millions de tonnes de matières premières pour les équiper. Et si tout cela n’est pas recyclable, ce sera un véritable chaos écologique. Des efforts sont donc faits par la marque Michelin pour arriver dans le futur, à réunir 100% des pneus usés. Cela dans le but de recycler ou retransformer, afin de diminuer la dépense en ressources.

Les applications concrètes

On veut trouver la bonne combinaison de matière pour avoir une durée de vie plus longue. Plus important, la possibilité de réutilisation après la période « voiture ». Actuellement, le recyclage d’un pneu en un autre pneu à cent pour cent n’est pas encore possible. C’est-à-dire qu’il y a encore un pourcentage qui ne peut pas être réintroduit dans le processus. Heureusement que les stratégies écologiques peuvent être variées, avec des possibilités dans d’autres domaines. On peut utiliser par exemple les pneus Michelin comme revêtements de sol dans les espaces sportifs. Les plus inventifs les utilisent dans un jardin pour entourer des fleurs ou en faire de la décoration.

Le Concept Tire ou le pneu du futur

Un pneu imprimé en 3 D

Symbole de l’évolution dans la conception industrielle moderne, l’imprimante 3D a trouvé une application très utile dans la durée de vie du pneu. Déjà Michelin s’est spécialisé pour recreuser et rechaper les pneus usés. Maintenant nous sommes dans une nouvelle dimension qui permet de faire durer le pneu indéfiniment. En y incluant des capteurs qui transmettent des informations dans la voiture, le conducteur peut savoir à quel moment il faudra « recharger » de la gomme.

Un pneu qui s’adapte au terrain où il roule

L’avantage d’un pneu que l’on peut rechaper avec une imprimante 3D n’est pas seulement dans la durée de vie. Car il y a aussi la possibilité de moduler la forme de la bande roulante pour qu’elle s’adapte au terrain et à la météo. Par exemple, on fait un traçage plus profond en hivers pour plus d’adhérence en milieu humide. Vous voulez changer de terrain ? Un passage sous l’imprimante, et on est avec une configuration off road, et on peut revenir en mode asphalte quand on revient de vacance. Un pneu Michelin qui peut aller partout c’est peut-être dans quelques années.

Les contraintes qu’il faudra surmonter

La recherche n’est rien sans la mise en application sur les produits accessibles au grand public. En effet, le consommateur y est pour beaucoup dans l’empreinte écologique du pneu. Il faut convaincre l’utilisateur de choisir les nouvelles solutions responsables. Rendre le produit accessible est primordial, dans la distribution, et surtout en ce qui concerne le service après-vente. Les imprimantes 3D devront être généralisées dans les garages homologués pour faire la recharge. Ensuite, il y a la question du prix. Car les nouveautés, surtout en ce qui concerne les pneus et les autres éléments d’une voiture, ont tendance à couter plus cher que la version « polluante ». Tout comme le Bio dans l’alimentation qui est plus onéreux que la version industrielle du même produit. Michelin a encore du pain sur la planche.